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Quand les ancêtres s'en mêlent


Constellations familiales

Qu'est-ce que c'est ?

Quand les tentatives de solution individuelle pour une personne en difficulté dans sa communication, son comportement, sa santé, ne marchent pas, il faut toujours se poser la question de savoir si et en quoi une fidélité familiale inconsciente pourrait être en jeu.

Un certain nombre de techniques de prise de connaissance ou thérapeutiques permettent de détecter si la clé est dans l'arbre généalogique.

Les constellations familiales ont la particularité intéressante de proposer, dans un laps de temps très court, une mise en évidence de l'origine du trouble et une réparation « dans la foulée ».

La famille, voilà un mot qui déclenche des sentiments intenses, et divers. L'influence déterminante de notre famille sur notre vie n'est pas une surprise. Mais nous n'avons pas idée jusqu'où cette influence peut aller.
Nous pensons que nous sommes maîtres de nos choix et de nos vies, et il est vrai que nous pouvons résoudre bon nombre de nos difficultés sans aide.
Mais parfois nous avons l'impression que rien n'y fait. Nous avons beau faire, nous retombons dans les mêmes ornières.

Nous sommes partie intégrante de systèmes : la famille, l'école, l'entreprise…

La particularité d'un système est qu'il fonctionne selon ses propres lois qui lui permettent de maintenir l'équilibre nécessaire à sa survie. Imaginons un autre système connu, la suspension mobile.
La moindre perturbation de son équilibre en un endroit a des répercussions sur les autres parties, ainsi que sur l'endroit d'où la perturbation est partie. Mais en même temps, il tend en permanence à revenir à l'état d'équilibre. La famille est pareillement un système autorégulé.

Nous sommes partie prenante dans cet équilibre et inter réagissons pour la pérennité de l'équilibre du système. Si pour une raison ou une autre, le système est dérangé, les lois propres au système nous impulsent un mouvement de compensation en vue d'annuler la perturbation et de permettre au système de retourner à l'équilibre.
Cet assujettissement au système est parfaitement inconscient. Nous nous y soumettons - je devrais dire nous y sommes soumis - sans le vouloir, et souvent à nos dépens.

Quelles sont les lois qui régissent les systèmes humains ?

Trois grands principes régulent les systèmes humains, et principalement le système familial.

1. L'appartenance

Tous les membres d'une famille ont le même droit d'appartenance. C'est un droit que nul ne peut contester. Il n'y a pas de degré d'appartenance supérieur ou inférieur. Le simple fait de notre naissance nous donne une place dans la famille. Même notre mort ne peut remettre cet appartenance en cause.

Si l'appartenance est refusée à un membre de la famille, intentionnellement (exclusion, bannissement…) ou non (oubli, refoulement…), il y a une place vide dans le système. Le système exige qu'une autre personne née après la personne absente occupe cette place vide pour retrouver son équilibre. La personne qui prend la place vide vit la vie, le destin de l'autre, quitte à « mettre de côté » sa propre identité.
Si sa place est rendue à l'exclu, alors la personne qui l'avait remplacé est libérée du devoir de porter la mémoire et retrouve la liberté de vivre sa propre vie.

2. L'ordre

C'est une notion qui nous est assez familière. L'ordre systémique suit l'ordre chronologique. Ainsi les parents viennent avant les enfants. Le premier enfant vient avant le second, et ainsi de suite. Les « grands » assument les responsabilités qui leur reviennent, les enfants ne sont que des enfants, les aînés ont des droits et des devoirs vis-à-vis des plus jeunes.

Chaque fois qu'un membre de la famille prend la place d'un autre, il n'est plus à la sienne, et le système est perturbé. Que cela soit si un enfant assume le rôle d'un de ses parents ou ancêtres ou prenne la place d'un frère ou d'une sœur. Cela empêche celui qui prend le rôle de vivre la vie qui devrait lui revenir de par l'ordre de sa naissance.

3. L'équilibre entre prendre et donner

Les relations humaines s'équilibrent selon un échange équitable entre donner et prendre (ou recevoir).
L'égalité de cet échange ne se fait véritablement que dans le couple et entre adultes. Mais il se fait aussi entre parents et enfants sous forme d'un transfert entre générations.

Les parents donnent à l'enfant. L'enfant prend de ses parents. Mais quand il deviendra parent, l'enfant donnera à son tour à ses enfants, qui prendront. Ainsi l'échange entre parents et enfants joue à « saute-mouton », mais au bout du compte, un équilibre global s'établit.

Dans un échange d'égal à égal, celui qui reçoit de l'autre se trouve en situation de « dette », se sent redevable et n'aura de cesse de rendre pour retrouver l'équilibre. Si l'on rend un peu plus qu'on a reçu, un nouveau léger déséquilibre va inciter à prolonger l'échange. C'est là que se situe la dynamique d'une relation. Celui qui refuse de prendre ou qui prend trop met l'équilibre de la relation en péril. Celui qui donne plus se prévaut de sa générosité, celui qui prend moins se trouve sous la dépendance de sa dette.
Le besoin d'équilibre touche le mal comme le bien. Le pardon n'est pas approprié : le pardon met celui qui pardonne en position de supériorité, il accorde sa « grâce », et met l'autre en situation de dette. Il convient donc de demander une réparation à la mesure du préjudice commis. Les deux partenaires sont alors à égalité et l'équilibre est retrouvé.

L'échange n'est pas forcément un « échange standard ». Il est des circonstances où le don ne peut se faire de manière équivalente. Alors, le fait de remercier sincèrement et d'honorer la personne qui donne est l'unique moyen de rétablir l'équilibre. Si critiques, amertume et sarcasmes viennent à la place, l'équilibre est rompu. Et le système investira quelqu'un d'autre de la mission de rétablir l'équilibre et de réparer les torts, souvent dans une génération suivante.

De quel besoin archaïque découlent ces lois
dans les systèmes familiaux ?

Les lois de la biologie sont intransigeantes : il faut avant tout maintenir l'espèce. Chez nous, l'enfant arrive dans un état de dépendance totale. Il a une nécessité absolument vitale d'appartenir à son clan, à sa famille.
Ainsi donc, les conditions dans lesquelles il est accueilli importent peu, pourvu qu'il soit accueilli
Cela repose sur une « logique infantile folle » : « Ce besoin instinctif d'appartenance soude l'enfant inconditionnellement à sa famille. Il est prêt à partager son destin sans réserves, et si besoin est, à ses propres dépens… [son amour] est plus absolu encore que l'amour des parents pour leurs enfants. » (Marlies Holitzka et Elizabeth Remmert, Guérir dans sa famille).

C'est ainsi que :

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L'enfant prend en charge destins et souffrances d'autres membres de la famille, par amour. Il arrive au monde équipé d'une sorte de radar affectif.

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Le système familial, pour assurer son équilibre - et sa survie -, peut charger le nouvel arrivant d'une mission. On peut rapprocher cela d'une transmission génétique : elle est inconsciente, elle est incontournable, elle est imprimée dans chacune de nos cellules.


On parle de mémoire génétique. On parlera de mémoire familiale inconsciente.

Les constellations familiales, ce qu'elles permettent

Les travaux de Moreno et de Satir sur les thérapies familiales ont montré que celui qui « va mal  » dans une famille n'est pas souvent celui qui est à l'origine du problème. Bert Hellinger a peaufiné ce travail en donnant forme aux Constellations Familiales.

Les constellations familiales permettent de représenter un système familial dans sa globalité, d'y mettre en évidence les lois - et surtout là où les lois du système n'ont pas été respectées, au point de provoquer le déséquilibre.

Les constellations familiales, qu'est-ce qui s'y passe ?

Histoire familiale et mémoire familiale (inconsciente)

L'histoire familiale est écrite une fois pour toutes. Le grand-père Emile qui est mort pendant la guerre de 14 est bel et bien mort. Il y a des dates, des photos, des tombes… Ce sont des faits tangibles dont on se souvient - ou pas.

La mémoire familiale est composée de tous les sentiments, les émotions et les ressentis qui ont envahi les membres de la famille pendant ou après les évènements de l'histoire familiale. Cette mémoire se transmet, sous une forme inconsciente et subtile, mais néanmoins très réelle. C'est elle qui induit la Fidélité Familiale Inconsciente, et tout ce que les descendants ont mission de prendre en charge pour rétablir l'équilibre dans la famille.

Pleins feux sur le moment, l'endroit, les personnes en cause au moment où le système a perdu l'équilibre… et sur les conséquences

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L'enfant prend en charge destins et souffrances d'autres membres de la famille, par amour. Il arrive au monde équipé d'une sorte de radar affectif.

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Il choisit un certain nombre de personnes parmi les participants pour représenter les membres de sa famille impliqués, ainsi que lui-même.

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Les représentants ne connaissent pas du tout ni les gens qu'ils représentent ni leur histoire, mais ils sont comme des antennes. Le fait d'être appelés dans la constellation de Jean va les brancher automatiquement sur la fréquence de la mémoire familiale inconsciente de Jean.

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Jean aura pris soin de leur désigner leur rôle (Jean lui-même, père de Jean, grand-mère de Jean…) et de les placer les uns par rapport aux autres comme il le sent, pour commencer.

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Puis il va s'asseoir de manière à bien voir tout le déroulement de sa constellation.


Très rapidement, chacun va ressentir, avoir des impulsions, des sentiments, des émotions… La mémoire familiale inconsciente « se raconte » devant nous, toutes générations confondues. Par exemple, si la petite fille porte pour la grand-mère, elles vont se retrouver face à face, et prendre conscience de la « passation de problème » qui s'est opérée entre elles.

Une à une, les intrications de Jean avec sa famille vont être dénouées.

On répare les liens familiaux, ici et maintenant

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Les réparations se font par le déplacement des représentants et l'expression de leurs ressentis, jusqu'à ce qu'ils aient trouvé la bonne place et se sentent bien.

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Ils prononcent alors des phrases symboliques, suggérées par l'animateur de la constellation, qui concrétisent verbalement la démarche qui vient d'être faite. Ces phrases prononcées sont, pour notre inconscient, mais surtout pour celui de Jean, une manifestation de la réalité.

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Elles sont associées à une nouvelle fréquence qui repart dans la mémoire familiale inconsciente. Celle-ci est donc bel et bien modifiée.


Et Jean ? Jean repart avec la même histoire mais une nouvelle mémoire.

Les énergies qui bloquaient dans sa mémoire familiale sont libérées, et disponibles pour qu'il en fasse un usage positif, avec la « bénédiction  » de ses ancêtres.

Pas seulement pour lui. Cette mémoire est celle de toute sa famille.
Une des conséquences étonnantes des constellations familiales est que le processus de réparation du problème de Jean répare aussi le problème pour les autres protagonistes. Lesquels on voit souvent changer, évoluer, alors qu'ils ne savaient rien de l'intention de Jean d'aller faire sa constellation.

Et après, qu'est-ce qu'on fait ?

Une fois que l'ordre est rétabli, il reste « imprimé » dans la mémoire familiale qui libère donc enfin les descendants. Les constellations n'ont pas de temps (le travail peut se faire sur plusieurs générations présentes ensemble devant nous) ni de lieu (elles touchent les membres de la famille où qu'ils soient sur la planète).

Ce travail systémique est profond et donne de la force. Les effets peuvent être immédiats, ou bien prendre du temps pour se développer pleinement.
Que faire après une constellation ? Rien de spécial, le simple fait d'avoir regardé la constellation avec attention pendant son déroulement et surtout l'image finale de l'ordre retrouvé fait déjà son chemin vers notre inconscient