![]() ![]() |
La
famille, voilà un mot qui déclenche des sentiments intenses,
et divers. L'influence déterminante de notre famille sur notre vie
n'est pas une surprise. Mais nous n'avons pas idée jusqu'où cette
influence peut aller. Nous sommes partie intégrante de systèmes : la famille, l'école, l'entreprise… La particularité d'un système est qu'il fonctionne
selon ses propres lois qui lui permettent de maintenir l'équilibre
nécessaire à sa survie. Imaginons un autre système connu, la suspension
mobile. Nous
sommes partie prenante dans cet équilibre et inter réagissons pour la
pérennité de l'équilibre du système. Si pour une raison ou une autre,
le système est dérangé, les lois propres au système nous impulsent un
mouvement de compensation en vue d'annuler la perturbation et de
permettre au système de retourner à l'équilibre. Quelles sont les lois qui régissent les systèmes humains ?Trois grands principes régulent les systèmes humains, et principalement le système familial. 1.
L'appartenance
|
|
Tous les membres d'une famille ont le même droit d'appartenance. C'est un droit que nul ne peut contester. Il n'y a pas de degré d'appartenance supérieur ou inférieur. Le simple fait de notre naissance nous donne une place dans la famille. Même notre mort ne peut remettre cet appartenance en cause.
|
|
Si l'appartenance est
refusée à un membre de la famille, intentionnellement (exclusion,
bannissement…) ou non (oubli, refoulement…), il y a une place vide dans
le système. Le système exige qu'une autre personne née après la
personne absente occupe cette place vide pour retrouver son équilibre.
La personne qui prend la place vide vit la vie, le destin de l'autre,
quitte à « mettre de côté » sa propre identité.
|
|
C'est une notion qui nous est assez familière. L'ordre systémique suit l'ordre chronologique. Ainsi les parents viennent avant les enfants. Le premier enfant vient avant le second, et ainsi de suite. Les « grands » assument les responsabilités qui leur reviennent, les enfants ne sont que des enfants, les aînés ont des droits et des devoirs vis-à-vis des plus jeunes.
|
|
Chaque fois qu'un membre de la famille prend la place d'un autre, il n'est plus à la sienne, et le système est perturbé. Que cela soit si un enfant assume le rôle d'un de ses parents ou ancêtres ou prenne la place d'un frère ou d'une sœur. Cela empêche celui qui prend le rôle de vivre la vie qui devrait lui revenir de par l'ordre de sa naissance. |
|||||||||||||||||||||||||||||||
|
Les
relations humaines s'équilibrent selon un échange équitable entre
donner et prendre (ou recevoir). |
||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
|
Les parents donnent à l'enfant. L'enfant prend de ses parents. Mais quand il deviendra parent, l'enfant donnera à son tour à ses enfants, qui prendront. Ainsi l'échange entre parents et enfants joue à « saute-mouton », mais au bout du compte, un équilibre global s'établit. |
||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
|
Dans un échange d'égal à
égal, celui qui reçoit de l'autre se trouve en situation de
« dette », se sent redevable et n'aura de cesse de
rendre pour retrouver l'équilibre. Si l'on rend un peu plus qu'on a
reçu, un nouveau léger déséquilibre va inciter à prolonger l'échange.
C'est là que se situe la dynamique d'une relation. Celui qui refuse de
prendre ou qui prend trop met l'équilibre de la relation en péril.
Celui qui donne plus se prévaut de sa générosité, celui qui prend moins
se trouve sous la dépendance de sa dette. |
||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
|
L'échange n'est pas forcément un « échange standard ». Il est des circonstances où le don ne peut se faire de manière équivalente. Alors, le fait de remercier sincèrement et d'honorer la personne qui donne est l'unique moyen de rétablir l'équilibre. Si critiques, amertume et sarcasmes viennent à la place, l'équilibre est rompu. Et le système investira quelqu'un d'autre de la mission de rétablir l'équilibre et de réparer les torts, souvent dans une génération suivante. |
|
- |
L'enfant prend en charge destins et souffrances d'autres membres de la famille, par amour. Il arrive au monde équipé d'une sorte de radar affectif. |
|
- |
Le système familial, pour assurer son équilibre - et sa survie -, peut charger le nouvel arrivant d'une mission. On peut rapprocher cela d'une transmission génétique : elle est inconsciente, elle est incontournable, elle est imprimée dans chacune de nos cellules. |
Les travaux de Moreno et de Satir sur les thérapies familiales ont montré que celui qui « va mal » dans une famille n'est pas souvent celui qui est à l'origine du problème. Bert Hellinger a peaufiné ce travail en donnant forme aux Constellations Familiales.
Les constellations familiales permettent de représenter un système familial dans sa globalité, d'y mettre en évidence les lois - et surtout là où les lois du système n'ont pas été respectées, au point de provoquer le déséquilibre.
L'histoire familiale est écrite une fois pour toutes. Le grand-père Emile qui est mort pendant la guerre de 14 est bel et bien mort. Il y a des dates, des photos, des tombes… Ce sont des faits tangibles dont on se souvient - ou pas.
La mémoire familiale est composée de tous les sentiments, les émotions et les ressentis qui ont envahi les membres de la famille pendant ou après les évènements de l'histoire familiale. Cette mémoire se transmet, sous une forme inconsciente et subtile, mais néanmoins très réelle. C'est elle qui induit la Fidélité Familiale Inconsciente, et tout ce que les descendants ont mission de prendre en charge pour rétablir l'équilibre dans la famille.
Pleins
feux sur le moment, l'endroit, les personnes en cause au moment où le
système a perdu l'équilibre… et sur les conséquences
- L'enfant prend en charge
destins et souffrances d'autres membres de la famille, par amour. Il
arrive au monde équipé d'une sorte de radar affectif. - Il
choisit un certain nombre de personnes parmi les participants pour
représenter les membres de sa famille impliqués, ainsi que lui-même. - Les
représentants ne connaissent pas du tout ni les gens qu'ils
représentent ni leur histoire, mais ils sont comme des antennes. Le
fait d'être appelés dans la constellation de Jean va les brancher
automatiquement sur la fréquence de la mémoire familiale inconsciente
de Jean. - Jean
aura pris soin de leur désigner leur rôle (Jean lui-même, père de Jean,
grand-mère de Jean…) et de les placer les uns par rapport aux autres
comme il le sent, pour commencer. - Puis
il va s'asseoir de manière à bien voir tout le déroulement de sa
constellation.
Très rapidement, chacun va ressentir, avoir des impulsions, des
sentiments, des émotions… La mémoire familiale inconsciente
« se raconte » devant nous, toutes générations
confondues. Par exemple, si la petite fille porte pour la grand-mère,
elles vont se retrouver face à face, et prendre conscience de la
« passation de problème » qui s'est opérée entre
elles.
Une à une, les intrications de Jean avec sa famille vont être dénouées.
On
répare les liens familiaux, ici et maintenant
- Les
réparations se font par le déplacement des représentants et
l'expression de leurs ressentis, jusqu'à ce qu'ils aient trouvé la
bonne place et se sentent bien. - Ils
prononcent alors des phrases symboliques, suggérées par l'animateur de
la constellation, qui concrétisent verbalement la démarche qui vient
d'être faite. Ces phrases prononcées sont, pour notre inconscient, mais
surtout pour celui de Jean, une manifestation de la réalité. - Elles
sont associées à une nouvelle fréquence qui repart dans la mémoire
familiale inconsciente. Celle-ci est donc bel et bien modifiée.
Et Jean ? Jean repart avec la même histoire mais une nouvelle mémoire.
Les énergies qui bloquaient dans sa mémoire familiale sont libérées, et disponibles pour qu'il en fasse un usage positif, avec la « bénédiction » de ses ancêtres.
Pas seulement pour lui. Cette mémoire est celle de
toute sa famille.
Une des conséquences étonnantes des constellations familiales est que
le processus de réparation du problème de Jean répare aussi le problème
pour les autres protagonistes. Lesquels on voit souvent changer,
évoluer, alors qu'ils ne savaient rien de l'intention de Jean d'aller
faire sa constellation.
Une fois que l'ordre est rétabli, il reste « imprimé » dans la mémoire familiale qui libère donc enfin les descendants. Les constellations n'ont pas de temps (le travail peut se faire sur plusieurs générations présentes ensemble devant nous) ni de lieu (elles touchent les membres de la famille où qu'ils soient sur la planète).
Ce travail systémique est profond et donne de la force. Les effets peuvent être immédiats, ou bien prendre du temps pour se développer pleinement.