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Intégration par les Mouvements Oculaires

Ici, nous ne sommes plus dans la psychothérapie, mais dans la neurothérapie.

En quoi est-ce différent ?

En neurothérapie, l'objectif est de réparer ou de reconstituer des circuits nerveux qui n'ont pas pu se construire lors de traumatismes, pour des raisons que je vais expliquer simplement.

Petit cours de neurophysiologie...

Tranquillisez-vous, je vais beaucoup abréger et cela va être très simple.

Lorsqu'une information vous arrive, elle passe en premier lieu par une gare de triage qui se nomme le thalamus, et qui est situé au cœur du cerveau. De là, l'information part dans des centres de traitements spécialisés, un pour la vue, un pour le son, un pour les odeurs, un pour les sensations, etc. Ensuite, les différentes modalités de l'information traitée se rejoignent dans des centres de la mémoire où elle est interprétée et comparée, ce qui permet de donner une signification à l'information. Quand l'information a un sens, elle devient une perception, elle part dans une partie très centrale du cerveau, le système limbique et l'amygdale, qui sont le siège des émotions. Les perceptions reçoivent leur contenu émotionnel et ensuite les signaux sont envoyés au corps pour provoquer la réaction appropriée. Tout l'ensemble est alors stocké dans la mémoire à long terme.

Il a été découvert récemment (début des années 90, par J. Le Doux) qu'il existe un autre circuit très rapide, qui permet de faire face aux urgences. Le thalamus, en même temps qu'il envoie les informations dans tous les centres de traitements spécialisés, peut aussi envoyer l'information directement au centre émotionnel sans escale, en un aller direct.

Quand la survie d'une personne dépend d'une réaction très rapide, le centre émotionnel n'attend pas que toute l'info ait été traitée, il agit immédiatement.

La contrepartie c'est qu'entre information et réaction, il n'y a pas eu d'intégration des traitements par les centres spécialisés. Pas le temps, il fallait faire très vite.

Et quand je parle de circuits nerveux, je parle bel et bien de connexions nerveuses entre neurones dans le cerveau.

En quoi consiste donc l'IMO ?

Notre but est de réassocier l'ensemble du circuit spécialisé au circuit rapide afin que l'ensemble d'une situation puisse s'intégrer et aller se placer dans la mémoire à long terme, avec la capacité d'analyse et la faculté d'élaborer une réaction « raisonnée ».

Il s'agit donc bien de recréer des connexions nerveuses qui n'ont pas été créées au moment du traumatisme. Et de créer une autre route pour les éléments du traumatisme qui voyagent uniquement sur l'autoroute thalamus-amygdale.

En IMO, on n'analyse rien (ce n'est pas une psychothérapie). On fait repartir tous les éléments de l'événement traumatique dans tous les centres spécialisés pour qu'ils puissent enfin s'intégrer. Et créer les nouvelles connexions nécessaires à leur mise tranquille en mémoire à long terme.

 

Pour quoi utilise-t-on l'IMO ?

Depuis le début, l'IMO traite les difficultés à se remettre d'un traumatisme important (accident, catastrophe naturelle, attentats, guerre, viol et agression…), ce qu'on appelle ESPT ou Etat de Stress Post-traumatique.

Mais le traumatisme n'a pas forcément besoin d'être extrêmement grave selon les critères « extérieurs », pour laisser des traces extrêmement pénibles. Deuil, fin d'une relation amoureuse, divorce, phobies, crises d'anxiété, circonstances difficiles familiales ou sociales, tous les traumatismes de l'enfance parce qu'ils se sont produits sur un être sensible et moins  riche en réponses adaptées qu'un adulte…

 

Une thérapie IMO, comment est-ce que cela se passe ?

Un premier rendez-vous permet de faire connaissance, de bien préciser le traumatisme sur lequel on va travailler, ou bien de préciser s'il s'agit bien d'un sujet susceptible d'être traité par l'IMO. On prend soin également de voir si le client a assez de ressources physiques, assez d'énergie pour entreprendre le traitement.

Ensuite, les rendez-vous sont espacés d'une quinzaine de jours. Il n'y en a que très peu habituellement, parfois un seul suffit. C'est ensemble avec le client que se décide de la poursuite ou non du traitement.

Les deux semaines d'intervalle permettent au cerveau de continuer à intégrer et à développer les nouvelles connexions nerveuses qui se sont établies pendant la séance d'IMO, et pour cela il faut plusieurs jours. Et puis il faut aussi laisser le temps  nécessaire pour constater quels sont les progrès qui ont été obtenus pendant la séance.

Il est important de ne commencer une thérapie par l'IMO que quand on a devant soi une période assez libre. Libre pour pouvoir prendre le/s rendez-vous suivant (on ne fait pas une séance avant de partir un mois en voyage) et libre d'esprit (on ne fait pas une thérapie IMO quand on a en même temps une grosse préoccupation à venir au travail, par exemple ou à la maison).

La technique utilise des mouvements des yeux. C'est le client qui fixe le niveau de confort qui lui convient en terme de rapidité, d'étendue des mouvements et d'éloignement du point à suivre. Pour pouvoir suivre efficacement un traitement IMO, il faut pouvoir suivre des yeux un point qui se déplace lentement, en un mouvement oculaire régulier et continu.